Selon Donald Kaberuka, la BAD a investi 14 000 milliards de F CFA dans les infrastructures économiques en 8 ans.
La Banque mondiale mobilise 248 millions de dollars en appui à 2 millions de pasteurs du Sahel.
Brazzaville organise le Forum ICB 2015 – Investir au Congo Brazzaville - du 19 au 21 novembre prochain.

Des miniers haut placés

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Amina Benkhadra, directrice générale de l'Onhym. DRNommés par les États à la tête de fleurons nationaux ou d’institutions publiques, ils sont les piliers des réformes en cours dans leurs pays respectifs.

Albert Yuma Mulimbi, plusieurs cordes à son arc

Président de la Gécamines

Voilà deux ans que le chef de l'État congolais, Joseph Kabila, l'a nommé à la présidence du conseil d'administration de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), transformée en société commerciale mais toujours détenue par l'État. Un grand défi, puisqu'il s'agit de faire de l'ancien fleuron une entreprise indépendante et rentable dont la production, de 33 000 tonnes de cuivre en 2012, devrait dépasser en 2015 les meilleurs scores atteints dans les années 1980, soit plus de 450 000 tonnes.

Albert Yuma Mulimbi, président de la Gécamines. © Bruno Levy/JASa nouvelle fonction, Albert Yuma Mulimbi la mène tout en étant président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) depuis 2005. Cet homme à poigne de 57 ans est un cumulard célèbre. Après ses études en Belgique et divers stages en entreprise, Albert Yuma Mulimbi est entré, en 1983, à Utexafrica (filiale congolaise du holding belge Texaf), dont il a gravi tous les échelons jusqu'au poste de directeur général. Administrateur de la Chambre de commerce belgo-congolaise et de la Banque centrale de la RD Congo, il siège aussi au Bureau international du travail et préside depuis un an la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones. Enfin, le 16 janvier, il a été nommé vice-président Afrique de l'Organisation internationale des employeurs.

Reste que le port de multiples casquettes n'a pas que des avantages. Ainsi, le communiqué rendu public le 20 décembre 2012, dans lequel le patron de la FEC dénonçait la détérioration du climat des affaires, lui a valu une réplique du ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, reprochant aux dirigeants de la Gécamines leur manque de transparence. Allusion à la non-publication du procès-verbal faisant état de la cession des parts que la Gécamines détenait dans la Congolaise des mines et de développement. Une affaire qui a mis à mal les relations de la RD Congo avec le Fonds monétaire international.

Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ, administrateur directeur général de la Snim. DRMohamed Abdellahi Ould Oudaâ, le grand bond en avant

Administrateur directeur général de la Snim

La Société nationale industrielle et minière (Snim) bientôt dans le top 5 mondial ? C'est en tout cas le souhait de Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ, qui compte se livrer à une véritable course de vitesse. Forte de ses bons résultats (1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011), l'entreprise, dont le capital est détenu à plus de 78 % par l'État mauritanien, prévoit pour 2012 une croissance de 14 % de son volume de minerai de fer extrait. À plus long terme, son directeur général déploie pour les douze prochaines années un « cadre stratégique de développement » ambitieux. La Snim vise en effet une production annuelle de 40 millions de tonnes de fer en 2025 - contre 11,5 millions l'an dernier.

Pour passer ce cap, cet ingénieur en électromécanique de 45 ans table sur des partenariats, notamment avec le suisse Xstrata et le chinois Minmetals, et sur le potentiel de croissance du groupe. Première entreprise nationale (24 % du PIB en 2010), la Snim est aussi le deuxième producteur africain de minerai de fer. Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ, qui a passé une vingtaine d'années dans le secteur industriel, y a travaillé dix ans au début de sa carrière. Par deux fois ministre de l'Industrie et des Mines entre août 2008 et février 2011, il a piloté la dernière réforme du secteur minier mauritanien visant à assainir son cadre juridique, réglementaire et fiscal. En mars 2011, retour à la case départ, cette fois au sommet.

Amina Benkhadra, trente ans d'expérience

Directrice générale de l'Onhym

En 2012, l'Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) a surtout retenu l'attention par la multiplication des contrats d'exploration pétrolière attribués à des sociétés étrangères. La présence d'or noir reste pourtant hypothétique au Maroc, contrairement à son potentiel minier. Dans ce domaine, l'Onhym multiplie les campagnes de promotion et les appels d'offres dans la recherche et l'exploitation afin d'accroître les capacités du royaume. Insuffisamment valorisé, trop fermé, le secteur minier peine à attirer les opérateurs étrangers, hormis l'australien Kasbah Resources (qui s'est adjugé la concession de la mine d'étain d'Achemmach en 2011) ou le canadien Maya Gold & Silver (qui a acquis 85 % de la mine d'argent de Zgounder la même année).

Reste donc à l'Onhym à clarifier la vision stratégique du royaume et à améliorer la réglementation du secteur, conformément au souhait de son ministère de tutelle, qui mène une étude sur le repositionnement de l'Office. Vaste chantier pour Amina Benkhadra, sa directrice générale. Cette quinquagénaire sobre et discrète, diplômée entre autres de l'École des mines de Nancy (France), a débuté sa carrière en 1982 au Bureau de recherche et de participations minières (BRPM, devenu Onhym en 2005), avant d'être nommée directrice des mines au sein du ministère de l'Énergie et des Mines en 1994 ; secrétaire d'État au développement minier en 1997 ; directrice générale de l'Office national de recherche et d'exploitation pétrolières (Onarep) en 2000 ; puis ministre de l'Énergie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement d'octobre 2007 à janvier 2012. En 2013, Amina Benkhadra devra répondre aux espoirs suscités par la possible présence de pétrole dans le sous-sol marocain, tout en oeuvrant à la poursuite de la croissance du secteur minier.

Ahmed Kanté, le combat continue

Administrateur général de la Soguipami

Ahmed Kanté, administrateur général de la Soguipami. © Youri Lenquette/JAAvant que le président Alpha Condé le place à la tête de la Société guinéenne de patrimoine minier (Soguipami), en août 2011, Ahmed Kanté avait été nommé en 2007, sous Lansana Conté, conseiller spécial du secteur minier - un statut équivalent à celui de ministre -, alors que les grèves générales paralysaient le pays. Cette fonction lui a permis d'être au coeur de la réforme du code minier, qui exige désormais davantage de transparence et confère un rôle accru à l'État. Puis Ahmed Kanté a été chassé de son poste et emprisonné sous le régime militaire de Moussa Dadis Camara, en 2009. Lorsque Alpha Condé est élu en novembre 2010, la révision des contrats miniers figure parmi ses priorités. Le nouveau président ne tardera pas à faire appel à cet ancien cadre de la Banque centrale.

La Soguipami gère toutes les parts détenues par l'État dans les compagnies minières et les sociétés associées. À sa tête, Ahmed Kanté, 54 ans, affiche toujours sa volonté que les opérations minières bénéficient aux Guinéens. « Les multinationales basent leur communication sur la promesse de construire des projets qui auront un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens. Mais lorsque les projets ne sont pas réalisés, c'est le gouvernement qui en fait les frais », déplore-t-il.

Et qu'importe si le nouveau code minier ne fait pas que des heureux. « Les opérateurs sérieux estiment que ce code est bon, car il résulte d'un compromis entre l'État, les sociétés et la population. Il faut distinguer les retraits d'entreprises liés aux circonstances particulièrement difficiles que traversent les filières du fer et de la bauxite, et ceux qui découlent de la réglementation du secteur », réplique Ahmed Kanté aux détracteurs de la nouvelle réglementation, qui l'accusent d'avoir découragé des sociétés minières d'investir en Guinée.

 

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