Télécoms : l'État algérien acquiert 51% de Djezzy pour 2,64 milliards de dollars.
Turkish Airlines va desservir trois nouvelles destinations africaines : Bamako, Cotonou et Conakry

Lamine Fofana : "En Guinée, le vrai démarrage du secteur minier, c'est maintenant !"

Increase font sizeDecrease font siz | Email | Print

Pour Lamine Fofana, le contexte minier reste positif sur le long terme. © Youri LenquetteEn tournée à Mining Indaba, la conférence minière la plus importante du continent qui se tient jusqu'au 8 février au Cap, le ministre guinéen des Mines Lamine Fofana entend séduire les groupes miniers. Pour lui, après le temps de la restructuration, vient celui des investissements.

Jeune Afrique : Vous venez représenter la Guinée pour la 3e fois à Mining Indaba. Quels sont vos objectifs par rapport aux années précédentes ?

La Guinée de 2013 n'est pas celle de 2010. Depuis l'élection du président Alpha Condé, nous avons instauré un nouveau code minier, engagé une révision complète du cadastre minier et, surtout, avons passé au crible l'ensemble des contrats existants. En novembre dernier, nous avons annulé 818 permis qui avaient étés accordés à des individus ou sociétés peu crédibles. Ce processus de « toilettage » du secteur a pris du temps, et c'est bien normal. Nous voulions nous entourer des meilleurs cabinets internationaux. Aujourd'hui, nous sommes prêts à recevoir de nouveaux investisseurs. Le vrai redémarrage minier guinéen, c'est maintenant qu'il se produit.

Le contexte économique est-il favorable à des investissements miniers en Guinée ? Les prix des minerais, notamment de la bauxite, ne sont pas au mieux. Avec la crise économique, il est difficile de lever des fonds sur les marchés internationaux... Quant à la perception de la Guinée par les groupes miniers, elle ne semble pas s'être beaucoup améliorée.

Au contraire, nous sommes aujourd'hui très sollicités. En 2010 et 2011, c'est vrai, les investisseurs n'avaient pas une vision suffisamment claire sur la réglementation minière et sur la stabilité politique du pays. Aujourd'hui, ces deux points étant assurés, ils reviennent vers nous. Quant au contexte minier, sur le long terme, il reste positif.

Il reste toutefois des dossiers brûlants à trancher, en particulier celui des deux permis miniers obtenus par le groupe BSGR sur les permis de fer dans la chaîne du Simandou en 2006...

La commission d'audit a posé des questions, BSGR a transmis des informations ; ce dossier sera tranché, mais sans animosité.

Nous réalisons une revue de tous les contrats, sans discrimination vis à vis de qui que ce soit. La structure qui réalise l'audit des contrats passés n'est pas sous ma coupe, elle est indépendante, mais les discussions entre BSGR et elle se poursuivent en bonne intelligence. La commission d'audit a posé des questions, BSGR a transmis des informations ; ce dossier sera tranché, mais sans animosité.

Le partenaire de BSGR sur ce projet du Simandou, le géant minier brésilien Vale, a fait face à une opposition de la population locale sur la manière dont il menait le projet dans le village de Zogota. Le projet a pris du retard... Peut-on vraiment être optimiste sur la réalisation de ce projet crucial pour votre pays ?

Selon sa convention minière, Vale devait commencer l'exploitation de son projet d'ici à la fin de l'année 2012. Compte-tenu des difficultés qu'il a rencontrées à Zogota – il a perdu beaucoup de matériel dans cette affaire - , j'ai accepté d'allonger d'une année ce délai.

Autre grand projet pour la Guinée, celui de Rio Tinto, toujours dans le minerais de fer, au sud du Mont Simandou. La démission de Tom Albanese, directeur général de Rio Tinto, et son remplacement par Sam Walsh, auront-ils un impact sur le développement du projet ?

Je n'ai pas d'inquiétude. Je connais Sam Walsh, nous nous sommes rencontrés à deux reprises. Il dirigeait jusqu'à présent la division fer de Rio Tinto. À ce titre il connaît très bien le projet guinéen de Rio Tinto au Simandou. La dernière fois que je l'ai vu, il m'a assuré que c'était un dossier qui lui tenait particulièrement à cœur. Je ne vois pas pourquoi il aurait changé d'avis après être devenu directeur général de la compagnie. Avec Rio Tinto, nous sommes dans la continuité de ce qui se faisait sous Tom Albanese, lui aussi déterminé sur ce dossier. Nous sommes en bonne intelligence avec la compagnie, notamment pour la réalisation des infrastructures. Nous discutons actuellement avec eux de la répartition des investissements pour les réaliser, mais ce projet ira jusqu'à son terme.

___

Propos recueillis par Christophe Le Bec

Increase font sizeDecrease font siz | Email | Print

Autres articles

Transparence

Exclusif : à qui profite l'uranium du Niger ?

Exclusif : à qui profite l'uranium du Niger ?

L'uranium du Niger, au fond, à qui profite-t-il ? À cette question, qui continue de brûler bien des lèvres, il est désormais possible d'apporter des réponses. Jeune Afrique s'y attèle...

Lire la suite

Finance

Gari : jeune fonds, 20 ans, cherche repreneur

Gari : jeune fonds, 20 ans, cherche repreneur

Le Fonds Gari, structure de garantie des crédits, doit faire face au départ de ses actionnaires historiques, qui cèdent 80,56 % du capital. Avis aux repreneurs potentiels : les amateurs sont...

Lire la suite

Agriculture

Agro-industrie : portraits d'hommes de cultures

Agro-industrie : portraits d'hommes de cultures

Ils produisent de l'arachide, des olives ou du coton. Ils viennent du Sénégal, de la Tunisie et du Burkina Faso. Leur point commun : ils promeuvent les savoir-faire locaux. Et...

Lire la suite

Télécoms

L'État algérien rachète 51% de Djezzy

L'État algérien rachète 51% de Djezzy

Après des années de bataille juridique, VimpelCom annonce la cession de 51% du capital de Djezzy au Fonds national d'investissement pour 2,643 milliards de dollars. L'actionnaire russe conserve toutefois le...

Lire la suite

Banque

Le Maroc cède ses parts dans le capital de BCP

Le Maroc cède ses parts dans le capital de BCP

Un accord de cession des parts de l'État marocain dans le capital de BCP a été conclu avec le groupe bancaire. L'État, qui détenait près de 6% des parts, les...

Lire la suite

Finance

OCP lève 1,55 milliard de dollars sur les marchés internationaux

OCP lève 1,55 milliard de dollars sur les marchés internationaux

Le géant marocain des phosphates OCP a levé 1,55 milliard de dollars pour sa première émission obligataire sur les marchés internationaux. L'entreprise publique cherche à financer un plan d'investissement de...

Lire la suite

Interview

Moulay Hafid Elalamy : "Le Maroc doit être généreux avec ses forces productives"

Moulay Hafid Elalamy :

Six mois après son entrée au gouvernement, l'homme d'affaires marocain Moulay Hafid Elalamy vient de dévoiler sa nouvelle stratégie industrielle. Objectif : favoriser l'emploi, la valeur ajoutée et l'export. "Jeune...

Lire la suite

Engrais

Agriculture africaine : place aux intrants !

Agriculture africaine : place aux intrants !

Trop cher, mal distribué, l'engrais n'est pas entré dans les habitudes des cultivateurs du continent. Mais les industriels du monde entier, en quête de débouchés, comptent bien y remédier.

Lire la suite

Télécoms

Orange Horizons va tester de nouveaux "concept stores" en Afrique

Orange Horizons va tester de nouveaux

Orange poursuit le développement de la marque Horizons à travers le continent. La multinationale teste des concepts stores dans plusieurs villes africaines, l'objectif étant d'y ouvrir des franchises fin 2014. 

Lire la suite

Agro-industrie

Côte d'Ivoire : vers un rebond dans le coton ?

Côte d'Ivoire : vers un rebond dans le coton ?

Utilisation de nouvelles semences, formation des cultivateurs, réorganisation des coopératives : la filière coton en Côte d'Ivoire tente de sortir du marasme. Avec un certain succès.

Lire la suite

Maroc

Kool Food finance sa croissance

Kool Food finance sa croissance

Kool Food, le jeune producteur industriel de chocolat fait entrer Abraaj à son tour de table. Objectif de la société marocaine : grandir et exporter.

Lire la suite

Télécoms

Orange Money passe le cap des 10 millions d’utilisateurs

Orange Money passe le cap des 10 millions d’utilisateurs

Orange Money a passé le cap des 10 millions d'utilisateurs dans les 13 pays de la zone Afrique-Moyen-Orient où ce service est disponible. En 2013, 2,2 milliards d'euros de transactions...

Lire la suite

Énergie

Après le Kenya, Aldwych va construire un complexe éolien en Tanzanie

Après le Kenya, Aldwych va construire un complexe éolien en Tanzanie

Les travaux de la première ferme éolienne de Tanzanie vont être lancés au second semestre 2014 à Singida (Ouest du pays). Le projet - d'un coût total de 285 millions...

Lire la suite

Bourse

Maroc : Bensalah et Elalamy règlent leurs comptes... en bourse

Maroc : Bensalah et Elalamy règlent leurs comptes... en bourse

Miriem Bensalah, la patronne des patrons marocains, et Moulay Hafid Elalamy, le ministre de l'Industrie et du Commerce, sont en froid. Selon les analystes du marché casablancais, c'est là qu'il...

Lire la suite

Transfert d'argent

Aïda Diarra, "Madame Afrique" de Western Union

Aïda Diarra,

La Malienne Aïda Diarra est vice-présidente Afrique de Western Union. Son défi : innover pour préserver le leadership du groupe américain dans les flux d'argent à destination du continent.

Lire la suite

Sénégal

Hôtellerie : Mangalis dit Yaas à Dakar

Hôtellerie : Mangalis dit Yaas à Dakar

Mangalis lance Yaas, son enseigne économique, à Dakar. Le premier établissement de la filiale de Teyliom à revêtir la nouvelle marque du groupe devrait ouvrir ses portes au deuxième trimestre 2015.

Lire la suite

Hydrocarbures

Pétrole : Total fait une découverte "prometteuse" en Côte d'Ivoire

Pétrole : Total fait une découverte

Total a annoncé la découverte de pétrole dans l'offshore profond au large de San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire. C'est la première découverte de ce type pour...

Lire la suite

Ostréiculture

Pêche : Dakhla, perle méconnue du Maroc

Pêche : Dakhla, perle méconnue du Maroc

La ville  de Dakhla est devenue le principal centre ostréicole du Maroc. Mais les volumes restent modestes, et les débouchés limités.

Lire la suite

Élevage

Agro-alimentaire : la révolution sera bien élevée

Agro-alimentaire : la révolution sera bien élevée

Plus de viande, plus de produits laitiers : avec l'amélioration du niveau de vie, la demande d'aliments d'origine animale devrait tripler sur le continent d'ici à 2050. Une occasion unique...

Lire la suite

Maroc

Pêche : le port de Safi veut retrouver la cote

Pêche : le port de Safi veut retrouver la cote

Autrefois sacré capitale mondiale de la sardine, le port marocain de Safi fait face à une diminution des prises. Comment sauvegarder son industrie de transformation ? Les entrepreneurs étudient toutes...

Lire la suite

Équipement

Mahindra creuse son sillon en Afrique

Mahindra creuse son sillon en Afrique

Le constructeur indien Mahindra connaît une forte croissance sur le continent, tirée par ses ventes de tracteurs.

Lire la suite

Nos offres

Top 500
nosOffresTop500

Découvrez le classement exclusif des 500 premières entreprises africaines.

Découvrir le Hors-série

Top 200
nosOffresTop200

Découvrez le classement exclusif des 200 premières banques africaines.

Découvrir le Hors-série

L'État de l'Afrique
nosOffresEaf

Toutes les clés pour comprendre les (r)évolutions africaines.

Découvrir le Hors-série

  1. LogoSIFIJA
  2. LogoJA_off
  3. LogoTAR_off
  4. LogoRVI_off
  5. LogoJAG_off
  6. LogoBoutique_off
© Jeune Afrique Économie 2012 - Mentions légales | Charte d'utilisation des espaces de dialogue | Contact | Tags