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Transparence : les pays africains toujours défaillants

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Au Nigeria, les recettes pétrolières étaient 60% plus élevées que l'aide totale à l'Afrique subsaharienne en 2011. DRL'ONG Revenue Watch International qui milite pour la transparence dans la gestion des revenus des ressources naturelles vient de publier son rapport 2013. Les pays africains sont à la peine malgré les politiques mises en oeuvre.

L'ONG américaine Revenue Watch International (RWI) a publié mercredi 15 mai son rapport 2013 sur la gestion des ressources naturelles. L'indice de gouvernance des ressources naturelles qu'elle élabore mesure la qualité de la gouvernance des industries pétrolières, gazières et minières de 58 pays. Ces 58 pays produisent 85% du pétrole mondial, 90% des diamants et 80% du cuivre, activités qui génèrent plusieurs milliers de milliards de dollars annuellement. Chaque pays est jugé sur quatre critères : le cadre juridique, le niveau de transparence, les systèmes de contrôle et le cadre général de gouvernance.

Si les États d’Amérique latine obtiennent des notes satisfaisantes, il en va autrement des pays d'Afrique et du Moyen-Orient. 20 pays sont répertoriés en Afrique, dont la plupart (17), en Afrique subsaharienne. L’ONG constate que les moins performants sont ceux dont les revenus dépendent le plus fortement des industries extractives. Ainsi, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont considérés comme les moins performants de l’indice. 

Les 10 meilleurs pays africains

1. Ghana
2. Liberia
3. Zambie
4. Afrique du Sud
5. Maroc
6. Tanzanie
7. Botswana
8. Gabon
9. Guinée
10. Sierra Leone

Faire la différence

Selon l’ONG, l’amélioration de la gestion des ressources naturelles pourrait faire une grande différence dans le développement économique de nombreux pays. Au Nigeria, les recettes pétrolières étaient 60% plus élevées que l'aide totale à l'Afrique subsaharienne en 2011. En Libye, les réserves de change de la Banque centrale, évaluées à 65 milliards de dollars, s'épuisent rapidement pour payer le déficit budgétaire du gouvernement. La Guinée équatoriale affiche un revenu moyen plus élevé par habitant que le Royaume-Uni, mais les trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays se classe 56e, juste devant le Turkménistan et la Birmanie.

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Insatisfaisant

Au Gabon, au Nigeria et en Zambie, le pétrole, le gaz et les minerais représentaient plus de 80% des exportations en 2010. L'Angola, la Guinée équatoriale, le Nigeria et le Soudan du Sud comptent sur les revenus du pétrole pour plus des deux tiers de leurs budgets. Pourtant, aucun pays de la région n'a obtenu une note satisfaisante pour la gouvernance des ressources.

Les mieux classés sont notamment le Ghana, le Liberia et la Zambie (repsectivement 15e, 16e et 17e) qui laissent derrière eux l’Afrique du Sud (21e). Au nord du continent, le Maroc est 25e, bien loin devant l’Algérie (45e).

L'ONG souligne que dans 11 des 17 pays subsahariens, de bonnes politiques de gouvernance existent, mais ne sont pas mises en pratique. Par exemple, la Guinée et l'Angola ont reçu un faible classement général malgré des lois pétrolières détaillées. Peu de gouvernements africains fournissent à leurs citoyens des données détaillées qui permettent de suivre le bénéfice réel pour leur pays. Ainsi, des pays comme le Botswana, le Gabon, la Sierra Leone et le Nigeria ne publient pas les clauses contractuelles ou des données complètes sur la production et les revenus.

Selon RWI, la RD Congo, le Mozambique, le Cameroun (cf. encadré), le Soudan du Sud, le Zimbabwe et la Guinée équatoriale n'ont pas mis en place un suivi efficace ; les législateurs examinent rarement les revenus des ressources. Au Botswana, en Guinée équatoriale et en Guinée, les responsables individuels au sein du gouvernement disposent d'une autorité considérable sur les décisions d'octroi de licences, ce qui compromet la concurrence et crée autant d'occasions de corruption.

 

Au Cameroun, l'octroi de licences est "opaque"

Classé 47e, le Cameroun est considéré comme défaillant par RWI. Malgré des progrès en matière de transparence, les Camerounais n'ont toujours pas accès à l'information dont ils ont besoin pour s'assurer qu'ils reçoivent une part équitable de la richesse issue des ressources naturelles de leur pays alors que l'État dépend de l'industrie pétrolière et gazière pour un quart de son budget.

L'ONG note que le processus d'octroi de licences est opaque et que le Cameroun ne publie pas les termes des contrats pétroliers (comme le font certains pays africains), ce qui empêche une saine concurrence et laisse penser que les Camerounais n'obtiennent pas les meilleurs conditions possibles dans les contrats passés avec les compagnies pétrolières.

Il y a peu de mécanismes de contrôle sur la Société nationale des hydrocarbures (SNH) qui est à 100% publique et collecte l'essentiel des ressources pétrolières de l'Etat, selon l'ONG pour qui seule une partie des recettes pétrolières du Cameroun parvient au Trésor public.

Enfin, la SNH ne publie pas de rapports financiers complets qui répondent aux standards internationaux, estime le RWI.

 

 

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