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Louis Watum veut redorer le blason congolais

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Cet ingénieur de 50 ans a auparavant travaillé pour la Gécamines, Anglo American et Moto Goldmines. DRIl pilote Kibali Goldmines, le principal projet aurifère de la RD Congo. Directeur des opérations pour Randgold Resources, Louis Watum cherche aussi à faire évoluer la gouvernance minière de son pays.

Après avoir été longtemps loin de chez lui, Louis Watum s'attelle depuis 2009 au démarrage de la mine de Kibali, dans la Province orientale, dont il est originaire. À terme, ce site doit devenir la première exploitation d'or de la RD Congo, avec une production annuelle de 18 tonnes. Le projet, piloté par la major Randgold Resources en coentreprise avec le sud-africain AngloGold Ashanti, se situe dans une zone difficile d'accès dans le contexte politique et social tendu de l'est du pays.

Pourtant, le défi est en passe d'être relevé : « Nous sommes en pleine phase de construction de la mine souterraine, nous avons démarré l'excavation à ciel ouvert, et le premier lingot sera fondu fin 2013 », se félicite cet ingénieur de 50 ans, rencontré début février au Cap (Afrique du Sud) lors de la conférence Mining Indaba. « À terme, Randgold et AngloGold prévoient d'investir 2,5 milliards de dollars [1,9 milliard d'euros, NDLR] en douze ans », précise le directeur général de Kibali Goldmines.

Chimiste

L'univers des mines, ce Congolais est « tombé dedans » dès sa sortie de l'université de Lubumbashi, en intégrant la Générale des carrières et des mines (Gécamines, compagnie publique). Après des débuts au Katanga, Louis Watum a poursuivi sa carrière en Afrique du Sud, profitant de l'occasion pour décrocher un master de métallurgie à l'université du Witwatersrand. Dans la nation Arc-en-Ciel, il a d'abord travaillé dans le charbonnage, avant de rejoindre le service de recherche d'Anglo American. Un poste qui lui permet de voyager, notamment au Ghana, pour étudier les méthodes d'extraction de l'or. Étant l'un des rares cadres francophones du groupe, il se voit confier, en 1998, des responsabilités managériales sur le projet de Yatela, au Mali.

18 tonnes par an, c'est la production d'or prévue de la mine de Kibali sur douze ans.

« Je suis chimiste de formation, ce qui m'est essentiel pour comprendre les processus de traitement des minerais. Mais de par mon expérience à la Gécamines et surtout au Mali, j'ai pu me familiariser avec toutes les étapes d'un projet minier », explique le Congolais. Il est ensuite embauché par la junior australienne Moto Goldmines, qui explore les zones aurifères de la Province orientale. « Quand Randgold a repris le projet, en 2006, il a gardé le management, se souvient-il. Là où il intervient, Randgold fait le choix de s'appuyer sur des cadres locaux, y compris pour les fonctions opérationnelles, ce qui est rare dans un secteur dominé par les ingénieurs anglo-saxons. » De fait, trois ans plus tard, Louis Watum est promu directeur de l'ensemble des opérations de Randgold en RD Congo.

L'excavation à ciel ouvert a commencé, le premier lingot sera fondu fin 2013.

Obstruction

Le directeur général de Kibali Goldmines se dit préoccupé par les questions logistiques. « Notre matériel arrive depuis le port kényan de Mombasa, distant de 1 800 km, au rythme de 120 remorques par semaine, détaille-t-il. Mais du fait des aléas climatiques et politiques en RD Congo et au Kenya - qui entre en période électorale -, nous devons prévoir plusieurs itinéraires de secours. Pour le moment, un acheminement entièrement congolais n'est pas envisageable compte tenu de la vétusté des infrastructures existantes. »

Cette figure locale du secteur cherche à faire bouger les lignes pour que son pays attire davantage d'investisseurs. « Il s'est beaucoup impliqué dans nos travaux sur la révision du code minier », indique John Kanyoni, vice-président de la Chambre des mines de RD Congo. Reste qu'en matière de gouvernance minière la route est encore longue pour Kinshasa : « Il est légitime de chercher à tirer davantage de revenus du sous-sol, mais le gouvernement doit trouver une autre manière de parler aux miniers. Le code minier actuel n'est pas si mauvais, mais encore faudrait-il qu'il soit appliqué », déplore Louis Watum, dénonçant les lourdeurs administratives - voire l'obstruction bureaucratique - et le niveau élevé de la corruption.

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