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Dossier urbanisme : le béton et l'humain

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16 métropoles africaines figurent dans le classement des plus fortes croissances mondiales. © Martine Voyeux/SignaturesFormidables vecteurs de richesse et de progrès social à travers le monde, les villes représentent un merveilleux potentiel. Les cités africaines sont en plein boom, mais les gouvernements ont beaucoup à faire pour optimiser leur rôle dans la croissance et la modernisation de leurs pays.

À ceux qui restent persuadés que l'urbanisation accélérée en Afrique est un pur cauchemar, est-il utile de rappeler que les villes ont toujours été la principale dynamo du progrès social et économique dans le monde ? Certes, la vitesse de développement qu'elles ont actuellement du nord au sud du continent est sans précédent. Mais cette croissance démographique et spatiale, si mal maîtrisée soit-elle parfois, s'accompagne d'une croissance économique réelle et pérenne, même si, dans le chaos urbain ambiant, celle-ci ne saute pas toujours aux yeux. C'est dans les villes que sont générés 80 % du produit national brut des pays du continent, où l'urbanisation et l'accroissement des revenus dopent les marchés de la construction et de la consommation plus que nulle part ailleurs dans le monde.

Un merveilleux potentiel qui n'échappe plus, en tout cas, aux opérateurs en quête de marchés. Et c'est l'un des motifs de l'étude publiée en juin par le McKinsey Global Institute (« Monde urbain : développement des villes et croissance de la classe consommatrice »), qui souligne que 16 métropoles africaines figurent dans le classement des plus fortes croissances mondiales, dont deux dans le top 20. L'enquête rappelle notamment que chaque année des millions de nouveaux urbains du continent viennent rejoindre la classe des « consommateurs moyens ». Et recommande aux investisseurs de « cibler les villes plutôt que les pays », celles-ci étant censées doubler leur capacité de financement d'ici à 2025 si elles veulent répondre aux besoins de leur population en logements, en surfaces commerciales, en infrastructures de transports, d'eau, d'électricité, etc.

La plupart des élus locaux doivent s'arranger de plans inadaptés et de législations foncières rigides.

Pour nombre d'équipes municipales africaines, gérer la ville consiste cependant plus à résoudre des crises au coup par coup qu'à orienter le développement sur le long terme. Beaucoup doivent encore s'arranger de planifications inadaptées et de législations foncières rigides qui excluent une grande partie de la population et favorisent l'expansion d'une cité informelle à côté de la ville « officielle ». C'est le cas dans la plupart des grandes agglomérations d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale où, hors d'un noyau urbain et de quelques enclaves commerciales et résidentielles bien organisées et bien desservies, de vastes zones de constructions informelles continuent de gagner du terrain... qu'il est bien plus complexe et coûteux d'aménager rétroactivement.

Mais partout ou presque, les cités reprennent forme, se transforment. De Rabat à Ouaga, de Johannesburg à Abidjan, les États et gouvernements locaux - quand les premiers veulent bien donner aux seconds les moyens de relever le défi - prennent le temps de penser à après-demain, de prévoir la croissance des agglomérations et d'établir des plans en conséquence, de s'organiser entre collectivités locales et entre villes, grandes et moins grandes (60 % des citadins du continent vivent dans des cités de moins de 500 000 habitants).

Même si la décentralisation a fait son chemin, les États ont encore bien du mal à transférer aux élus locaux le pouvoir et les ressources nécessaires à l'exercice de leurs compétences. Tout particulièrement dans les grandes agglomérations, où ils sont enclins à garder la main, rêvant, dans le pire des cas, d'en faire des villes-vitrines, plus en phase avec les standards mondiaux qu'avec les habitants, leur mode de vie, leur jeunesse et leurs attentes. Or la vraie cité est et sera toujours faite d'humains, pas de béton.

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