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Les compagnies aériennes s'en prennent aux gouvernements

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SAAirways DRSoumises à une concurrence accrue, pénalisées par la crise économique et les conséquences du Printemps arabes, les compagnies africaines, réunies à Johannesburg (Afrique du Sud), du 18 au 20 novembre, à l'occasion de l'assemblée générale de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), dénoncent la politique européenne en matière de liste noire et le manque de soutien de la part des gouvernements africains.

Avec la crise économique en Europe et les conséquences des perturbations politiques vécues qui ont secoué les pays d'Afrique du Nord en 2011, le trafic passager des membres de l'organisation panafricaine a baissé de 8,6 % l'an dernier. La concurrence internationale s'est encore accrue en Afrique, avec une présence renforcée des compagnies européennes et une offensive de plus en plus marquée de celles du Golfe. En conséquence, d'après le cabinet Ernst & Young, les compagnies du continent, nombreuses mais petites, ne détiennent que 18 % du trafic africain. Pire, collectivement, elles ne réaliseront aucun profit en 2012, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Premier chantier à engager, selon les responsables de l'association, celui de la sécurité aérienne. « Elle est la priorité numéro un de l'AFRAA. Il n'y a pas à transiger sur le sujet », a martelé Elijah Chingosho, le secrétaire général de l'organisation aérienne panafricaine. Pour améliorer la performance des compagnies africaines en la matière, l'association a donné trois ans à tous ses membres pour obtenir la certification IOSA (le standard international de sécurité).

« La liste noire » dénoncée

Les présidents de compagnie ont toutefois à nouveau dénoncé la « liste noire » mise en place par la Commission de l'Union européenne (UE). « Sous couvert de lutte contre l'insécurité aérienne, elle vise en fait à permettre aux compagnies européennes de pénétrer le marché africain », a affirmé le secrétaire de l'AFRAA, qui espère faire évoluer Bruxelles sur le sujet. Son point de vue est largement partagé par les dirigeants de petites compagnies. « A Paris, les autorités multiplient les inspections sur nos vols. Elles cherchent clairement à mettre en faute les compagnies africaines », notait Alex van Elk, président de la Camair-co, qui n'est pas inscrite sur la liste noire. Aujourd'hui encore, les compagnies de 17 pays africains ne peuvent accéder au ciel aérien européen, principalement en raison des défaillances du contrôle aérien de leur pays. Sur lesquelles elles n'ont pas prise...

Autre difficulté à affronter, celle des taxes élevées mises en places par les gouvernements africains. « A Djibouti ou au Ghana, une compagnie doit débourser jusqu'à 80 dollars par passager, ce n'est pas supportable », s'est indigné Elijah Chingosho. Selon Tewolde Gebremariam, président d'Ethiopian Airlines, « les États africains doivent payer leurs infrastructures, mais le coût supporté par les compagnies doit être raisonnable pour permettre leur survie et le développement du trafic aérien. Dans certains pays, ce n'est clairement pas le cas. » Même problème pour les coûts du carburant, souvent deux fois plus chers qu'ailleurs, en raison des positions de monopole des distributeurs. Grâce à l'appui de l'Union africaine (UA), les dirigeants de l'AFRAA espèrent pousser les gouvernements  à changer leurs pratiques. Certains d'entre eux, comme l'Angola, ont déjà baissé leurs taxes aériennes pour les compagnies africaines en 2011.

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La priorité aux compagnies du Golfe ou d'Europe

Avec l'intensification de la concurrence, Elijah Chingosho a aussi rappelé la décision de Yamoussoukro, adoptée par les ministres des transports de l'UA en mai 2005, établissant un libre accès du ciel africain aux compagnies du continent. Selon le secrétaire général, malgré la signature de cet accord, certains pays donnent encore la priorité à des compagnies du Golfe ou d'Europe sur les compagnies régionales.

Enfin, les dirigeants du secteur aérien africain ont examiné ensemble les manières de mieux travailler entre-elles, notamment entre grandes et petites compagnies, grâce à des accords d'assistance technique et de formation.

Toutefois, pour le président d'Ethiopian Airlines, « il ne faut pas se voiler la face. Pour réaliser des économies d'échelle, il faut être grand. Chaque pays veut sa compagnie, mais le modèle économique de l'aérien impose que l'Afrique compte moins de compagnies », a estimé Tewolde Gebremariam. « Il faut que nous combinions nos forces, des fusions sont nécessaires », a également plaidé Titus Naikuni, président de Kenya Airways. « Ensemble, South African Airways, Kenya Airways et Ethiopian Airlines représentent seulement 32 % du chiffre d'affaires et 25 % des profits de la compagnies Emirates », a souligné Zemedeneh Negatu, associé d'Ernst & Young en charge du secteur aérien en Afrique. D'après lui, en Afrique, il faut s'attendre à un mouvement de concentration dans les prochaines années, à l'instar de ce qui s'est passé en Europe et aux Etats-Unis.

 

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