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La Guinée d'Alpha Condé défend son bilan

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400 décideurs, principalement issus du secteur public et des organisations internationales, ont participé au forum. © Roger KoyAssainissement de la gouvernance, ouverture aux investisseurs, diversification de l'économie en dehors du secteur minier... Tels étaient les messages des autorités guinéennes en organisant le premier forum économique du pays, les 14 et 15 septembre à Conakry.

Orchestré par Kerfalla Yansana, ministre de l’économie et des finances, le forum économique de Guinée s’est tenu les 14 et 15 septembre au Palais du Peuple de Conakry, rassemblant quelques 400 acteurs économiques nationaux et internationaux. Même si les autorités s’en défendent, le moment de la manifestation était soigneusement planifié. Dans deux semaines, les 26 et 27 septembre 2012, les conseils d’administration de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) devraient confirmer l’atteinte par le pays du point d’achèvement de l’initiative en faveur de Pays pauvres très endettés (PPTE). Une décision qui doit permettre à la Guinée l’annulation des deux tiers de son endettement, soit 2 milliards de dollars, entrainant des économies de quelques 141 millions d’euros chaque année dans son budget.

Il est un constat qui s’impose à tous, la Guinée avance.
Alpha Condé

Venu ouvrir le forum, le président Alpha Condé a défendu son bilan économique : « Il est un constat qui s’impose à tous, la Guinée avance. Il y a deux ans, nous ne disposions que d’un mois de réserves de change, nos emprunts nous écrasaient. Aujourd’hui nous sommes sur le point d’obtenir l’allègement de notre dette. La production agricole est en hausse, le prix du riz se stabilise et les importations en baisse. Nous avons adopté un nouveau code minier, lancé la construction de barrages hydroélectriques… Depuis décembre 2010, nous n’avons pas réalisé de miracles, je le sais bien, et je salue la patience de mes compatriotes, mais la Guinée émergente est en marche », a-t-il lancé à l’assistance. Parmi elle se trouvaient Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD), Antoinette Sayeh, directrice Afrique du FMI, et Jacques Diouf, ancien président de la FAO, qui avaient tous trois fait le déplacement à Conakry pour épauler le « professeur».

Présent au forum, le président Alpha Condé a rappelé qu'il y a deux ans, le pays ne disposait que d’un mois de réserves de change. © Roger KoyL’incertitude sur la date des élections législatives – constamment reportées depuis 2011 – ne devraient pas peser sur la décision d’allègement de la dette. « L’organisation des législatives est cruciale, nous ne manquons pas de le répéter au gouvernement, mais nous ne faisons pas de cette question un pré-requis à notre coopération ou au financement de nos programmes dans le pays », confiait Ousmane Diagana, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Guinée, le Mali, le Niger et le Tchad.

Des défis énormes

Antoinette Sayeh a loué au nom du FMI les efforts de rigueur entamés par le gouvernement : « De nombreux progrès ont été accomplis depuis 2010 : restauration du contrôle fiscal, politique monétaire resserrée, taux de change stabilisé, baisse de l’inflation », a-t-elle noté. « Les défis à relever sont encore énormes, en particulier dans le secteur des infrastructures, et dans la lutte contre la pauvreté et la corruption », a-t-elle toutefois averti.

Moteur de l’économie, le secteur minier a été au cœur des débats du forum. « Les mines drainent 80% des ressources de l’Etat, mais cette manne peut encore progresser. Nous voulons, avec le démarrage de l’exploitation des gisements de fer du centre et sud du pays, dégager plus d’un milliard de dollars de contribution supplémentaire », a expliqué Mohamed Lamine Fofana, ministre des mines. Le gouvernement escompte une entrée en production du gisement du Simandou de Rio Tinto dès 2015, et de ceux de Vale et de Bellzone en 2016. Pour cela, la mise en place d’infrastructures minières, ferroviaires et portuaires de 15 milliards de dollars sera nécessaire. « Les mines permettent de déveloper d’autres secteurs vitaux, comme le BTP et le transport », précisait le ministre, soucieux d’éviter la mono-industrie en affectant les revenus miniers à d’autres secteurs cruciaux.

Agriculture familiale

Dans le domaine agricole, qui occupe 80% de la population, les discussions du forum  se sont concentrées sur le soutien à l’agriculture familiale, et la mise en place d’une distribution efficace des intrants. Même si les grands projets agro-industriels sont encore peu nombreux, le ministre de l’agriculture Jean-Luc Telliano s’est fait l’écho de négociations avancées avec le français Geocoton, et avec le géant singapourien du négoce agro-industriel Olam.

Pour développer les infrastructures, Ousmane Kaba, conseiller du président pour les relations Chine-Afrique, s’est félicité de l’appui crucial des groupes venus de l’Empire du milieu. Eximbank finance ainsi les deux tiers du barrage hydroélectrique de Kaleta (d’un coût de 445 millions de dollars). Il doit permettre une amélioration de la distribution de courant qui fait cruellement défaut dans le pays. Reste que les besoins en équipement sont partout immenses : routes, écoles, hôpitaux… tout manque dans un pays où 55% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté en 2010.

Le secteur privé national, encore peu structuré, était moins représenté.

Si les membres des institutions internationales et les hauts fonctionnaires étaient nombreux dans les allées du Forum économique guinéen, le secteur privé national, encore peu structuré, était moins représenté. Certains acteurs économiques locaux ont pu toutefois exprimer leurs préoccupations. « Les groupes miniers ont besoin de garanties sur la sécurité de leurs investissements et la stabilité des institutions. Ils doivent pouvoir trouver des ressources humaines bien formées et disponibles », a rappelé Mamadi Youla, président de la chambre des mines, et directeur général du projet de raffinerie Global Alumina.

« L’Etat doit soutenir l’agriculture, mais ses interventions doivent être limitées », observait de son côté Moussa Para Diallo, président de la Confédération nationale des fédérations paysannes. « Dans de nombreux cas, expliquait-il, le secteur privé et les organisations professionnelles sont plus efficaces. »

Pour Mamadou Taran Diallo, représentant local de Transparency international et de la coalition Publiez ce que vous payez, il reste encore un travail important à faire pour recenser les revenus tirés des industries extractives dans le pays : « Sur les quelques 129 millions de dollars de revenus publics qui ont été portés à notre connaissance, la Compagnie des bauxites de Guinée représente 100 millions de dollars. Comment comprendre ces chiffres ? », s’interrogeait-il.

Satisfait de la démarche panafricaine de ce forum économique à laquelle ont été associés des experts venus d’Afrique du Sud, du Rwanda, de Maurice, du Botswana et du Sénégal, Donald Kaberuka assurait le pays de son soutien dans son relèvement économique. «  Il faut le reconnaître les obstacles à franchir restent nombreux, mais les partenaires de la Guinée sont là pour accompagner le pays tout au long de ce long chemin », indiquait à la clôture des débats le président de la Banque africaine de développement.

 Christophe Le Bec, envoyé spécial à Conakry

 

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