Phosphate : le marocain OCP enregistre un bénéfice net en baisse de 17,8 % au 1er semestre, à 3,02 milliards de dirhams.

Aérien : la RAM reprend de l'altitude

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Sur le tarmac de l'aéroport de Marrakech, un Boeing 737 de la RAM. © Sylvain Lefevre/ReservoirphotoPlan social, cession de filiales, optimisation de la flotte... La restructuration de Royal Air Maroc porte déjà ses fruits. La compagnie aérienne marocaine envisage même d'ouvrir de nouvelles dessertes.

Pour Royal Air Maroc (RAM), 2010 et 2011, deux années noires, ne sont plus qu'un mauvais souvenir. Ses résultats sont en effet supérieurs aux prévisions du contrat-programme signé avec le gouvernement en septembre 2011. L'exercice 2012, qui court jusqu'au 31 octobre, devrait même s'achever sur un résultat d'exploitation positif d'environ 75 millions d'euros (836 millions de dirhams). Quant au chiffre d'affaires, il devrait progresser de 5 % par rapport à 2011 et dépasser 1,13 milliard d'euros, malgré une baisse du nombre d'heures de vol de 7 %. « C'est notre meilleure performance depuis dix ans, se réjouit Abderrafih Zouiten, directeur général exécutif de la RAM. Pourtant, la conjoncture 2012 n'était pas favorable. La destination touristique qu'est le Maroc souffre toujours, et les prix du pétrole restent élevés. »

Chiffre d'affairesMission accomplie

La compagnie revient de loin. Royal Air Maroc n'avait pas présenté de résultat positif depuis 2009. Pendant l'été 2011, elle perdait même près de 2 millions d'euros par semaine. Lancé il y a un an, le plan de restructuration devait entraîner des économies de 90 millions d'euros par an. Mission accomplie en huit mois, mais au prix d'une cure d'amaigrissement radicale. Sur 5 900 employés, 1 730 ont quitté l'entreprise dans le cadre d'un programme de départs volontaires. La compagnie a aussi optimisé sa flotte. « Nous avions six types d'appareil, explique Abderrafih Zouiten. Désormais, en moyen-courrier, nous ne comptons plus que des B737-800 et des B737-700, pour réduire nos coûts d'exploitation et de maintenance, et aussi simplifier les process opérationnels. » En parallèle, la RAM a fermé ses routes structurellement déficitaires, une vingtaine au total, en recentrant son activité sur la plateforme de Casablanca. De la même manière, la plupart des agences commerciales d'Europe de l'Ouest ont baissé le rideau. « Nos charges ont diminué de 7 % par rapport à 2011 et même de 17 % en ce qui concerne le personnel », confie le directeur général exécutif. De quoi augmenter la recette moyenne par passager. « La prestation offerte n'en a pas souffert, assure-t-il. Nous avons maintenu la gratuité des repas et la franchise bagages. Nous avons aussi amélioré notre ponctualité de 13 points pour atteindre une moyenne annuelle de 83 %. »

Encore une année blanche pour l'ENPL

Pour la deuxième année consécutive, il n'y a pas de rentrée des classes à l'École nationale des pilotes de ligne (ENPL). « Les futurs besoins seront couverts par les 113 élèves qui seront diplômés dans les deux ans à venir », indique Mohamed Kellal, le directeur. La formation dure trois ans et demi, dont une année de théorie, deux de pratique et six mois d'adaptation « en ligne », c'est-à-dire en conditions réelles. Depuis sa création, en 1970, l'établissement a accueilli 400 pilotes environ, la plupart marocains et tous destinés à travailler pour Royal Air Maroc (RAM). L'ENPL dépend de la compagnie, mais le contrat-programme signé avec le gouvernement prévoit le désengagement financier de cette dernière, qui manque de moyens. « Une étude à ce sujet est en cours », indique un responsable. Sous le contrôle du ministère de l'Équipement et des Transports, une entité publique devrait reprendre les commandes de l'école. B.T.

Partenariat

Enfin, la RAM s'est recentrée sur son coeur de métier, le transport aérien. La vente de sa filiale hôtelière Atlas Hospitality Morocco en est le meilleur exemple. « C'était une activité non stratégique qui mobilisait beaucoup de capitaux, confie Abdou Diop, fin connaisseur du secteur au Maroc. Les actions menées vont dans le bon sens. » L'avenir de la formation et des filiales maintenance, handling (approvisionnement) et catering (restauration), est compromis. La RAM a choisi Air France Industries pour la maintenance et la recherche de partenaires « de renommée internationale » pour les autres activités. Ce plan redonne des ailes à la compagnie. Initialement prévue entre 2013 et 2014, une nouvelle recapitalisation ne serait plus d'actualité. Et si ouverture minoritaire du capital il devait y avoir, ce serait exclusivement « pour des raisons stratégiques, industrielles ou de synergie ». « Emirates ou Qatar Airways pourraient se montrer intéressées », estime Abdou Diop.

En attendant, le groupe repart à l'attaque depuis le hub de Casablanca. « Alors qu'il y a cinq ans seulement 5 % de nos clients transitaient par la ville, ils sont aujourd'hui 40 % », indique le directeur général exécutif de la RAM, précisant que la création d'un terminal réservé à la compagnie est à l'étude. Après avoir ouvert dix destinations ces deux dernières années, dont Moscou et Berlin, la RAM veut se déployer vers la Scandinavie (Copenhague, Stockholm...), l'Afrique centrale (N'Djamena), l'Afrique de l'Est (Nairobi...) ou encore l'Afrique de l'Ouest (Cap-Vert) à court terme. L'Europe (Vienne, Budapest...) devrait suivre, ainsi que l'Amérique du Sud (Brésil) fin 2013 ou début 2014. « Cela dépendra de la conjoncture », indique Abderrafih Zouiten. Au-delà, la compagnie pourrait rejoindre la Chine et les États-Unis via Washington.

La mise en place de ces vols long-courriers coïncidera avec la livraison de deux Boeing Dreamliner fin 2014. La compagnie envisage en effet d'investir près de 750 millions d'euros dans l'achat d'avions. Une étude est d'ailleurs en cours pour ajuster la flotte aux perspectives de développement à l'horizon 2025. Horizon qui s'est dégagé bien plus vite qu'espéré.

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