BRS : le grand bond en avant d'Orabank

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Le réseau de BRS couvre les huit pays de l’UEMOA (ici à Abidjan). © Issouf Sanogo/AFPLe groupe Orabank, basé à Lomé, a été retenu pour la reprise de la Banque régionale de solidarité. À la clé, un doublement du nombre de ses implantations et une entrée en Côte d'Ivoire et au Sénégal.

Modeste groupe bancaire basé au Togo, Oragroup (holding du réseau bancaire Orabank) va faire un pas de géant sur le marché ouest-africain. Après l'acquisition, en août, de la Banque togolaise de développement pour 30 millions d'euros, il est sur le point de racheter la Banque régionale de solidarité (BRS), implantée dans les huit pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Créé en 2004 par les autorités de la zone pour lutter contre la pauvreté, BRS s'est spécialisé dans les très petites entreprises, les particuliers et la microfinance.

Cliquez sur l'image.D'après nos informations, une étape décisive vient d'être franchie dans le processus de cession mené depuis près d'un an par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Le 27 septembre, à Cotonou, le conseil des ministres de l'UEMOA a en effet approuvé l'offre présentée par Oragroup. Selon le schéma validé, l'ancien Financial Bank, rebaptisé en mai 2011, reprendra 51 % du capital du holding de BRS. « Il reste encore deux étapes fondamentales : l'approbation du conseil d'administration d'Oragroup, qui doit se réunir le 22 octobre, et bien entendu celle de la Commission bancaire [de l'UEMOA, NDLR], qui reste souveraine », souligne un proche du dossier. Si le montant de l'opération est pour l'instant gardé secret, on sait que les 49 % restants devraient être répartis entre la BOAD (l'institution vient de mettre 10 millions d'euros sur la table), les États membres de l'UEMOA et des investisseurs privés, à travers une introduction sur le marché financier.

Cibles

L'opération doit propulser Oragroup au rang de principal établissement d'Afrique de l'Ouest francophone en termes d'implantations, aux côtés d'Ecobank (actif dans 32 pays africains). Le groupe sera en effet présent dans douze pays (Mauritanie, Guinée, Tchad, Gabon, Bénin, Togo, Niger, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali, Guinée-Bissau, Burkina Faso), contre six auparavant. Surtout, l'acquisition de BRS va permettre à Oragroup de prendre pied dans les deux principaux marchés de la sous-région que sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Ces pays, avec le Ghana et le Cameroun, où le groupe a acquis une institution de micro­finance, sont ses principales cibles.

ECP, redresseur en série ?

Pour Emerging Capital Partners (ECP), actionnaire majoritaire d'Oragroup, le redressement est une seconde nature. En 2009, lorsqu'il prend le contrôle de Financial Bank (devenu Oragroup), l'expansion géographique prévue est bloquée par la découverte d'irrégularités de gestion. Un dirigeant de poids, Patrick Mestrallet, est nommé à la tête du groupe. Et une série de levées de fonds est réalisée pour redresser la banque et financer son expansion. « Financial Bank n'était pas un cadeau, et nous avons montré notre capacité à redresser un réseau de banques de taille moyenne, assez proche de ce qu'est BRS aujourd'hui », commente-t-on du côté d'ECP. S.B.

Pour se donner les moyens de son ambition, Oragroup, détenu à près de 70 % par le capital-investisseur panafricain Emerging Capital Partners (lire encadré), vient de lancer une nouvelle augmentation de capital, un an après avoir levé une vingtaine de millions d'euros auprès de la BOAD et des agences financières de développement française Proparco et belge BIO. Le groupe entend décrocher environ 75 millions d'euros. Les actionnaires actuels sont sollicités, mais aussi de nouveaux investisseurs comme la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale). Les fonds serviront à financer l'acquisition et, surtout, à recapitaliser et mettre à niveau le groupe BRS.

Mal géré, ce dernier a accumulé les difficultés au fil des ans. Mis initialement en vente en 2010, BRS a vu plusieurs candidats se succéder. Parmi eux, l'assureur ivoirien NSIA, qui entend développer son pôle banque. Avant de se retirer définitivement, le groupe de Jean Kacou Diagou avait estimé à quelque 107 millions d'euros le montant minimum nécessaire pour redresser BRS. Sur ses huit filiales, seules quatre sont bénéficiaires. Toutes restent de taille très modeste, ne représentant que de 2 % à 3 % de leurs marchés respectifs. « Notre objectif, si l'opération se réalise, est d'atteindre assez rapidement des parts de marché à deux chiffres, comme nous avons réussi à le faire pour nos filiales actuelles », assure Patrick Mestrallet, administrateur directeur général d'Oragroup.

Microfinance

Pour y parvenir, le groupe (654 millions d'euros de total de bilan en 2011) devrait développer les activités de BRS tout en conservant son objet social : soutenir les petites entreprises et les populations qui n'ont pas accès aux services financiers. « Nous allons poursuivre le financement de la microfinance. Nous avons une expertise dans ce domaine à travers Finadev [une filiale historique du groupe, désormais juridiquement séparée] », ajoute Patrick Mestrallet. Traditionnellement tourné vers les PME, Oragroup a déjà entamé, depuis près de deux ans, un nouveau virage stratégique et entend désormais couvrir une base de clientèle le plus large possible, allant des grands comptes aux particuliers. D'ailleurs, précise une source bien au fait du dossier, la banque, qui était en concurrence avec d'autres groupes d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, a été retenue pour son expérience dans le microcrédit. 

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